De la récolte… à l’objet 

 

On parle de la laque, au féminin pour désigner la matière première, et au masculin lorsqu’il s’agit de l’objet laqué.

 

La laque est une exsudation provoquée par incision sur les troncs d’arbre à laque, de la famille des magnolias, et dont le nom générique est « rhus toxicodendron ».

On trouve différentes variétés de cet arbre dans les pays d’Asie.

Pendant  les quelques années durant lesquelles l’arbre est exploitable, l’écorce est entaillée par encoches successives. La résine qui s’en écoule est récoltée dans de petits récipients, noués au tronc.

A l’état brut, cette résine est toxique, propriété qui disparait lorsqu’elle se solidifie. C’est ce qui permet de l’utiliser sans risque pour l’hygiène et la sécurité.

Une fois récoltée, la laque est filtrée, puis laissée à décanter. Elle se divisera naturellement en couches de différentes densités, ayant chacune leur vocation (enduit, colle, vernis…).

Le durcissement de la laque est rendu possible dans une atmosphère chaude et humide: température comprise entre 25 et 30 dg, taux d’humidité de 80% environ

L’opération de laquage est longue et délicate : 3 à 12 mois peuvent s’écouler entre la préparation du support et la réalisation de l’objet fini.

En effet, chaque couche de laque, dont la durée de séchage varie entre 3 et 7 jours, est polie à l’eau avant que la précédente soit appliquée. Le laque une fois achevé comporte 

au moins 20 couches au total.

La première étape consiste à préparer la surface en apposant plusieurs couches de laque sur le support nettoyé, poli et entoilé.

La surface étant rendue totalement plane et imperméable, l’artisan laqueur peut procéder aux couches décoratives, puis aux finitions.

L’objet fini offre un aspect lisse et agréable au toucher, le regard plongeant au sein de l’épaisseur des couches superposées.

 

La laque végétale, contrairement aux vernis synthétiques, ne peut être teintée qu’à l’aide de pigments naturels. On obtiendra ainsi le noir avec de l’oxyde de fer, le rouge avec du cinabre, le jaune avec de l’orpiment, le bleu avec de l’indigo. Les incrustations de coquilles d’oeuf ou de nacre permettront d’obtenir du blanc.

 

En fonction des techniques utilisées, l’artisan fera usage de pinceaux, spatules, d’outils de gravure, du dorure, de papiers ou pierres abrasives.

 

Une grande variété de techniques permettent de réaliser un laque; et certaines étaient déjà employées il y a plusieurs siècles. 

Aujourd’hui, l’imagination des artisans et l’étendue des applications favorisent leur évolution.